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Dear FutureMe,
Ok je ne sais pas tellement pourquoi je me lance dans une lettre de plus. J’étais encore une fois, comme trop souvent, en train de scroller TikTok. Je suis rentrée hier à la maison. Moment assez étrange, j’y reviendrais. L’idée m’est venue que, en ce moment, je crois vivre un tournant plutôt majeur dans ma vie. Je ne sais trop comment l’expliquer mais beaucoup ce choses changent, à commencer par ma perception des choses.
Tout d’abord, j’observe mes accomplissements de l’année. J’ai surtout l’impression de vivre une crise existentielle absolument affreuse depuis quelques mois, peut être depuis septembre d’ailleurs. Avoir emménager seule, dans une vile nouvelle pour laquelle je ne connaissais que le nom, et avoir tenté de construire tant de nouvelles choses est quelque peu perturbant. J’ai réussi à me faire des amies à la prépa et je suis devenu bien plus ouverte aux conversations avec d’autres personnes. Rien que dans les transports ou quand je sors dans un magasin je n’ai plus peur d’engager ou de continuer une conversation jusqu’à l’exploiter à son maximum. C’est agréable de voir à quel point je peux être ouverte au monde autour sans m’en soucier ou en tirer un stress démesurément inutile.
En bref, j’ai aussi réussie à être première de la classe malgré mon petit retard au premier semestre. Je suis aussi prête à préparer le concours de l’ENS, d’après les professeurs, ce qui me conforte sur mon avenir.
Je vais m’engager à faire de bénévolat, du soutien scolaire pour aider des élèves qui je bénéficient pas d’une égalité des chances. Voilà j’ai hâte de commencer, certainement mardi qui arrive !!!
Bon, je me sens un peu obligée d’en parler tout de même, des points plus négatifs.
Comme je ne voudrais en aucun cas finir par cela, je préfère encore commencer par ici pour en finir plus vite. Nabil. Il m’a marqué je pense, parce que j’étais perturbée et peut être un peu amoureuse. Pas d’un amour sincère, plus d’une sortie de dépendance à son affection, son intérêt mais pas sa personne. Bref, j’étais triste pendant longtemps. J’ai l’impression qu’hier encore je l’étais, mais depuis que la fac s’est arrêté et qu’on a eu nos résultats, je pense de moins en moins à lui. Parfois je n’y pense pas pendant des jours entiers. Ma vie est plutôt ponctué par mes sorties avec mes nouvelles amies et parfois par Rayan. C’est lui qui m’a demandé mes résultats et cela m’a fait plaisir qu’il pense à moi et prenne de mes nouvelles. J’ai aimé lui parler, il est très doux et plutôt intéressant. En ce qui concerne Nabil donc, il m’a surtout déstabilisé pendant les examens. Maintenant que tout cela est fini et qu’on ne se verra plus de toutes les vacances, je sais que je pourrais l’oublier facilement et passer à autre chose. Je regarde en arrière et cela me rend fière de voir à quel point j’ai su passer à travers cela, sans trop me laisser aller. Pendant un temps j’étais en plein désespoir, mais je suis heureuse d’en être sortie. Je suis aussi heureuse d’avoir réussi à remonter la pente si rapidement, me rendant encore plus fière de mes résultats notamment scolaire, et de l’effet que cela a eu sur mes relations sociales.
Enfin, ce qui s’est passé hier est quelque peu troublant. Enfin arrivant, on est allé chercher deux trois trucs au magasin de bricolage avec maman. Puis on est passé chez Papi et Mamie. La sensation est déjà étrange parce que cela me rappelle toujours que leur maison ne sera plus jamais là notre. On a vécu tellement de belles choses la bas, je n’ai même pas pu lui dire au revoir. Je repense parfois à Julie, qui est enterrée sous l’arbre dans lequel on se cachait pour jouer lorsqu’on était petit, et cette pensée me rend très triste.
Ce qui me rend encore plus triste, c’est de voir que ma grand mère perd peu à peu son étincelle. Je me doute qu’il s’agit certainement de la fin, et je repense à tous les moments qu’on a vécu ensemble. Je repense à sa joie et sa lumière lorsqu’on venait chez elle le dimanche.
On passait beaucoup de temps à parler, parce qu’elle a toujours été bavarde. Je jouais aussi aux dames et à la bataille avec Papi. Mais ce temps est fini, et je me dis parfois que ces moments étaient peut être les derniers, parce qu’ils n’arriveront certainement plus jamais. J’ai été tellement perturbé de la voir dans son lit, la voix abîmée. J’ai bien vu qu’elle souffrait, et qu’elle avait perdu espoir, mais je n’ai pas su comment la soulager. Je n’ai pas su quoi lui dire pour la rassurer, pour lui donner un sourire. Elle me complimentait, cela sonnait tellement comme des derniers mots. On aurait dit qu’elle voulait me faire comprendre toute l’affection qu’elle me porte, mais je déteste les adieux.
Ces mots sont lourds, de regrets et de terreur. Je ne sais ce que l’avenir nous réserve, me réserve, et je suis plutôt terrifiée actuellement. Mais je dois rester positive et pleine d’espoir, car c’est bien ce qu’il reste à l’être humain.
Je pense, enfin, aux peuples opprimés. Ils sont ceux pour qui je me lève tous les matins, dans l’espoir d’un jour apporter mon aide. Je m’excuse pour mon manque d’action, qui ne saurait un jour être pardonné parce qu’il cause des morts, trop déterminant.
Avec amour, Manelle <3.
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