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Lettre à la future moi,
(parce que je ne sais plus à qui parler)
Je ne sais pas si tu te souviens de moi. De celle qui se sentait toujours “en trop”, même quand elle était invitée. Celle qui riait fort pour couvrir l’écho de son absence dans les cœurs des autres.
Je suis restée là, figée, dans ce moment où j’ai compris que les gens ne venaient pas pour moi.
Qu’ils passaient par moi.
Et puis repartaient.
Tu sais ce que ça fait, d’attendre un message qui ne vient jamais ? D’avoir l’espoir ridicule que, cette fois, on t’aura choisie toi ? Et de voir encore que t’étais juste un choix pratique, un nom ajouté par politesse, un visage dans le fond ?
C’est comme tendre la main dans le vide et se rendre compte que personne ne la prendra jamais vraiment.
Il y a cette douleur sourde, cette solitude qu’on ne peut même pas expliquer. Parce que tu es là, tu vis, tu parles, tu ris parfois — alors les gens pensent que tout va bien.
Mais toi, tu sais.
Tu sais ce que c’est de marcher dans une pièce et de sentir que ta présence ne change rien.
Tu sais ce que c’est d’être entourée, et de n’avoir personne à appeler quand ça ne va pas.
Et peut-être que t’as appris à vivre avec. Peut-être que tu t’es construite une carapace. Mais moi, je suis restée ici, avec le cœur en ruine et les silences lourds. Je regarde les autres s’aimer, se chercher, s’appeler, et je me demande pourquoi moi, on m’oublie toujours.
J’espère que là où tu es, tu as trouvé quelqu’un qui t’écoute même quand tu ne parles pas.
Quelqu’un qui te choisit sans hésiter.
Quelqu’un qui te regarde, vraiment. Pas parce que tu es utile, pas parce que tu es là… mais parce que tu es toi.
Et si ce n’est pas encore le cas…
Alors pleure. Pleure sans honte, sans frein, sans filtre. Parce que t’as trop gardé ça en toi. Et que t’as le droit d’avoir mal.
Je t’écris depuis ce vide. Et malgré tout, je crois encore en toi.
— Celle que tu as laissé derrière.
Il y a des jours où je me lève et je ne sais même pas pourquoi.
Pas parce que j’ai envie de mourir.
Mais parce que j’ai juste… plus vraiment envie de vivre comme ça.
Je suis fatiguée. Pas la fatigue qui part avec du sommeil, non. Une fatigue qui te colle à la peau. Qui s’infiltre dans chaque pensée, chaque geste. Cette impression d’être en train de survivre dans une vie qui ne me ressemble pas, mais que je dois jouer comme si c’était la mienne.
Je souris. Je parle. Je fais ce qu’il faut.
Mais à l’intérieur, y’a un vide qui grandit. Une sorte d’usure de l’âme. Comme si j’étais cassée en morceaux, et que j’avais oublié où poser les bouts.
Et personne ne voit rien.
Parce que je suis la fille forte. Celle qui gère. Celle à qui on se confie. Celle qui rassure.
Mais quand c’est moi qui vacille… y’a personne. Juste moi, et ce foutu silence.
Je ne me reconnais même plus parfois.
Je regarde mon reflet, et j’ai envie de lui dire :
“Tu tiens bon pour quoi, exactement ? Pour qui ?”
Je ne sais pas si toi, la version future, t’as enfin trouvé un peu de paix.
Je ne sais pas si tu respires mieux, ou si tu continues juste à faire semblant pour ne pas inquiéter les autres.
Mais si tu lis ça… souviens-toi que j’ai tenu bon.
Même quand tout me disait de lâcher.
Même quand je ne voyais plus aucun sens.
Même quand je me suis sentie seule dans une pièce pleine de monde.
J’espère que tu ne t’es pas perdue comme moi.
Et si tu l’as fait… j’espère que tu t’es retrouvée.
— Moi, dans le noir.
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