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Salut moi,
Je sais pas par quoi commencer. Je vais éviter de te donner des noms et te demander comment ça s'est passé et si tu leurs parles encore. Parce que pour la grande majorité ça ne sera pas le cas et je ne veux pas que tu ressente de l'amertume en lisant cette lettre. Au final actuellement je n'ai pas beaucoup de réclamation. Si t'es heureuse tant mieux et si t'es triste tant pis ça ira forcement mieux un jour. Mais le plus probable c'est que tu sois neutre, que tu ressente rien de spécial. Haha j'aimerais que ca ne soit pas le cas mais bon.
Je vais te parler de Moi, fin je vais du coup aussi te parler de Toi même. On est donc en Aout 2021. Je vais essayer de t'envoyer cette lettre dans longtemps, alors vois ca comme un cadeau, comme un échantillon de la Toi d'avant. Peut-être que lire ma pensée actuelle va te permettre de ne pas faire certaines erreurs. Enfin bref.
Par quoi pourrais-je commencer ?
Bon je ne sais pas si tu te rappelles (probablement pas) mais je suis dans une période compliquée. C'est la merde, je suis perdue et je fais de la merde. Je suis en train de perdre ma meilleure amie parce que je suis absente, parce que je suis égoïste. Tu sais a quel point c'est dur de décevoir la personne que tu aimes le plus au monde. Mon coeur s'est brisé en un milliers de morceau quand elle m'a dit que je l'avais laissée seule. Je sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je me suis enfermée dans un truc chelou, et j'étais incapable de faire quoique se soit. C'est comme si j'étais sur l'autoroute dans une voiture volée sans frein. Incapable de réagir, c'est comme si j'étais dans un flou constant. Alors j'ai fait encore pire. J'ai fumé de la beuh seule. Je me suis évanouie et j'ai cru que j'allais mourir. J'ai passé une nuit à me demander si le lendemain on me retrouvera morte . J'ai rien dit a personne. J'étais terriblement seule moi aussi. J'étais en roue libre. Qu'est ce que j'ai pleuré ces dernières semaines. Et enfaite le problème que j'ai c'est que je dis rien. Quand y'a un problème ou quand y'a quelque chose qui me touche je vais le garder pour moi et l'intérioriser. C'est débile mais je sais pas faire autrement. Maintenant j'essaie de faire parler mon coeur, j'essaie de réellement être moi-même. C'est compliqué mais je te jure que j'essaie. Et le fait de me retenir d'être moi même ça m'empêche de me sentir libre. Je vis tout mais de loin sans me plonger vraiment dedans. Je survole la vie. Y'a un livre de Simone de Beauvoir qui m'a profondément marqué parce que je me suis totalement reconnue dans le personnage. "les belles images" et donc dans ce roman la personnage principale vit une vie sans réellement la vivre "elle a l'impression que les gens lui sont juxtaposés, qu'ils n'habitent pas en elle" . Et c'est terrible. Elle ne vit pas passionnément. Et jte jure que ça m'effraie. Donc si t'as jamais aimé passionnément quelqu'un, si tu t'es jamais sentie vraiment vivante, relis ce livre.
Bref j'ai envie de copier coller un moment dans mes notes parcequ'il décrit parfaitement mon état de y'a quelques jours :
c’est terrible comment je peux me débrouiller pour ne pas être face à moi même. Comme je trouver des subterfuges, en regardant des séries, en écoutant de la musique et même en parlant a des gens. Je sais que quand je parle à quelqu’un je ressens vraiment le besoin qu’iel me sorte de ce néant.
Je ressens le besoin de recevoir un message pour être sauvée de moi même. Être sauvée de mes pleurs incessants et de mes pensées qui tournent en boucles et de mon ptn de vide. Ce vide qui me fait me voir comme une merde. Ce vide qui me force à rester assise dans cette chambre à pleurer. Parce qu’au final je ne sais pas faire autre chose, vu que j’ai réellement du mal à exprimée qui je suis.
Donc je me retrouve à attendre. Attendre quelqu’un. Mais sincèrement je pense qu’elle arrivera pas avant que je sois en accord avec moi même.
Je sais même pas comment faire, j’ai terriblement le flemme. Pour te dire j’ai même la flemme à l’idée de fumer un j. Alors que de base cette idée me séduit même si je ne la met pas à exécution.
C’est 23h25 et j’ai aucune ptn envie. Je viens de me rappeler quel point j’ai froid quand je pleure. C’est clairement le moment où je ressens le plus le besoin d’être sauvée de moi même. D’entre prise dans des bras. Ça me le fait pas à chaques fois, juste quand quelque chose se brise dans mon coeur. Et après ça je ressens le besoin de ne plus exister, d’être rien. Pas de mourir, mais plutôt de disparaître. Une fois ça m’avait rassurée en voyant l’univers et les étoiles. Je m’étais dit qu’au final que j’existe ou pas ça changeait rien. Qu’il existera toujours les mêmes étoiles et qu’il n’y aura aucun changement dans cet univers. Et étonnamment au lieu de me rendre mélancolique ça m’a tellement rassurée. Je me suis sentie plus légère, plus libre de faire ce que je voulais et même de perdre ce que je pouvais potentiellement perdre. Au final même si je perd la chose à laquelle je donne le plus d’importance l’univers n’en sera pas changé. Et ptn de merde étonnamment c’est rassurant.
Ensuite je pense que je suis bi ou lesbienne. Ca c'est cool parce que les hommes me dégoûtent.
Je vais te laisser maintenant, jtm
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